jeudi 12 octobre 2023

L'épaisseur d'un cheveu


 On le sait dès la fin du premier paragraphe, Étienne va tuer sa femme. Pour le moment il a bien du mal à supporter le dédain affiché du serveur du café où il travaille sur son “projet”. Un projet qui lui permettra de se distinguer de la masse et lui vaudra l’admiration de sa femme, Vive. Tous deux mènent une vie parisienne, de concerts en vernissages. Mais, derrière la façade du couple parfait, de petits accrochages en micro-événements, le doute s’immisce, la tension monte en lui, contre la terre entière et contre Vive qui prend des libertés avec leurs habitudes bien réglées. De là à commettre l’irréparable ?
A la faveur d’un quotidien anodin autant qu’oppressant, la frustration destructrice d’Étienne trace son chemin vers la tragédie. Claire Berest décrit avec précision la violence rentrée et les ressorts obsessionnels du narcissique. De scènes de vie en apparence banales, l’auteure fait transpirer le besoin de contrôle d’Étienne et suinter la volonté d’émancipation de Vive. Tout est subtil, ni coups ni cris, pourtant, l’étau se resserre, histoire de la grenouille qu’on ébouillante à petit feu. On décèle dans ce roman les mécanismes d’une emprise à laquelle il est difficile d’échapper. Un ouvrage pertinent qui donne des clés de L’épaisseur d’un cheveu, mais essentielles pour comprendre.


L’épaisseur d’un cheveu. Claire Berest. Éditions Albin Michel. 19 €.

mardi 26 septembre 2023

Une odeur de sainteté

 


 Jeanne Doucet est un nez reconnu dans sa profession. Elle reçoit un jour une demande très particulière. Elle doit sentir le cœur d’une femme, Emérence, qui a vécu à la fin du XIXe siècle, pour laquelle un processus de béatification est en cours. Accompagnée d’un médecin et d’un diacre, Jeanne se rend à la faculté de médecine où la relique est conservée. Sa mission ? Humer l’organe et faire un bref rapport de ce qu’elle a perçu. Le choc est visuel, olfactif, émotionnel. Lorsqu’elle ressort, Jeanne n’est plus la même. Chamboulée, elle parvient difficilement à mettre des mots sur ses sensations, soudaines et inhabituelles. Elle ne peut résister au besoin d’en apprendre plus sur cette inconnue, presque sainte. Qui est Emérence ? Quels secrets, quelles souffrances recèle son cœur ? Le trouble de Jeanne est à son paroxysme. Un esprit étranger pénètre ses rêves, l’étourdit de visions. Entrée en résonance avec la propriétaire de ce muscle éteint, Jeanne palpite d’une curiosité impérieuse. Elle quitte son travail et part sur les traces de cette femme dont elle ignore tout et qui pourtant l’obsède. Cette quête insensée lui permettra-t-elle de percer le mystère de celle dont elle a respiré le cœur ? 

 

La dernière page d’Une odeur de sainteté tournée, la perplexité s’empare de moi. Bousculé, on l’est à la lecture de ce roman qui exhale d’incroyables fragrances. L’olfaction est le plus puissant de nos sens et Franck Maubert semble prendre un malin plaisir à transcrire dans le détail l’empreinte de chaque odeur. L’air métallique d’un bureau, les remugles d’un textile, le plastique neuf d’un tableau de bord, la poussière et l’humidité d’une bâtisse à l’abandon, l’encre heurtée d’un cahier de souvenirs, des ruines, pierres usées émergeant d’un fouillis de végétation. Chaque parfum, du plus discret au plus capiteux, réveille une mémoire, suscite un émoi. L’auteur joue de tout cela et entraîne son héroïne dans un tourbillon sensoriel. En quête de vérité ? A la recherche d’elle-même ? L’ellipse laisse la porte ouverte à toutes les suppositions au terme d’une balade quasi mystique aux frontières du réel. Une odeur de sainteté nous emmène bien au delà d’une histoire, nous engloutit dans les mots, précis, ciselés, associés avec une grande originalité. Nous voilà confrontés à nos propres impressions, poussés à explorer des recoins insoupçonnés de nos âmes ; on se perd à flairer nos doutes et notre trouble, pour enfin inhaler, parfois au bord de l’asphyxie, un parfum salvateur de paix et d’intelligence.


Une odeur de sainteté. Franck Maubert. Éditions Mercure de France. 14,80 €.

mardi 12 septembre 2023

L'étoile brisée

 La rentrée nous ensevelit sous une avalanche de livres. Les premières listes des futurs prix littéraires affluent, certaines récompenses sont déjà distribuées, des rencontres avec les écrivains se profilent. Tout
ça, alors que la chaleur, inhabituelle, invite à la langueur. Me voilà face à la page blanche, quelques heures avant le bouclage. Blocage. Tous les ans, début septembre, j’éprouve cette sorte d’étourdissement devant l’offre pléthorique.


 


L’étoile brisée est sorti dans la collection Folio en janvier dernier. Si les 818 pages qui composent cet ouvrage peuvent sembler rédhibitoires, on est très vite happé par la force du récit. Tout commence au nord de l’Espagne, sur la côte cantabrique, en 1472. Les Juifs, jusque-là tolérés, subissent l’opprobre. Pour les protéger d’un massacre, le père Cocia ordonne à ses deux fils de quitter la ville, d’abandonner leur religion, de changer de nom, de se séparer aussi vite que possible et de ne jamais regarder en arrière. Avant le grand départ, la mère cache dans la doublure des vêtements un triangle en cuivre, une moitié du sceau de Salomon pour chacun, et demande à ses enfants de ne pas oublier. Où le destin va-t-il conduire ces jeunes frères ? Vingt ans plus tard, en Italie, Amerigo Vespucci, célibataire, ne veut pas s’encombrer de la petite bâtarde que sa servante a mise au monde au prix de sa vie. Il confie le bébé à son frère puis part commercer en Espagne.

 Cette incroyable épopée se déroule à la croisée de plusieurs mondes et à l’aube des grandes révolutions de la Renaissance. Les péripéties des personnages sont mêlées aux grands événements historiques. Ils nous entraînent en Allemagne aux prémices de la Réforme protestante, dans l’entourage de Martin Luther, sur les traces d’Amerigo Vespucci qui a donné son nom au nouveau continent, dans les arcanes du pouvoir à la cour de France, chez les peuples “sauvages” du nouveau monde. L’écriture romanesque embarque le lecteur dans cette fresque historique captivante, où l’on voyage de l’Espagne à Londres, de l’Italie aux Amériques en passant par la Loire de François Ier. L’auteure, en interrogeant les mœurs de cette époque à cheval sur le XVe et XVIe siècle
nous fait réfléchir avec ses personnages aux grand enjeux de la religion, de la politique et du commerce, très intriqués. Il est question aussi de la place de chacun dans la société, du secret, de l’identité. Le désir, la famille, l’amour et l’amitié, thèmes disséqués dans tout roman, montrent une fois encore leur intemporalité. Ce n’est pas un livre que l’on dévore en quelques heures – mais ça vaut le coup – alors on savoure le moment. On révise, on apprend, on accompagne ces anonymes bouleversants et ces figures historiques que la plume talentueuse de Nadeije Laneyrie-Dagen imagine et ressuscite pour notre plus grand plaisir.


L’étoile brisée. Nadeije Laneyrie-Dagen. Folio. 9,70 €

Le diplôme


 Au fond, j’avais hâte d’être à la retraite. Guillaume annonce la couleur dès les premières lignes. Prof désabusé, il a vite baissé les bras et réduit ses prétentions pédagogiques à leur strict minimum, c’est-à-dire zéro. Il assure ses cours avec le laxisme que le Xanax lui autorise. Côté cœur, Cécile, qui vit avec lui depuis douze ans, trouve finalement le courage qu’il n’a pas pour la rupture. Voilà pour le décor. Instantanément saisi d’une énergie nouvelle, il va s’inscrire à la salle de sport. Il y rencontre Nadia. Une bombe, trop belle pour lui c’est sûr. Contre toute attente, la jeune femme, vendeuse chez Zara, accepte d’aller boire un verre. Si Guillaume a d’abord pensé qu’il aurait une position intellectuelle dominante – le mépris de classe a encore de beaux jours devant lui – il reconnaît vite son erreur. Nadia est cultivée et regrette de n’avoir pas continué ses études au-delà de la licence. Son avenir semble tout tracé, ses possibilités de progression professionnelles restreintes. Guillaume compare les revenus de Nadia avec ceux, sans commune mesure, de son frère, diplômé d’HEC. Il décide de passer à l’action. Les compétences d’un individu sont corrélées au diplôme obtenu ? Qu’à cela ne tienne, il fabrique un CV à Nadia pour l’aider à trouver le job qu’elle mérite. 

Amaury Barthet, dont c’est le premier roman, a travaillé pour le HCERES (comprenez : Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur). De l’enseignement et du pouvoir, il a finement observé les rouages, les travers, absurdités et autres aberrations. Il en tire un roman brillant et dresse un tableau sans langue de bois de notre société. Malgré les politiques successives marquant une volonté de contourner l’entre soi et les voies royales, le réseau et les apparences ont encore un bel avenir. La valeur des gens se mesure-t-elle à l’aulne de leur nom de famille ou de leur origine sociale ? Et si la lutte effrénée de ce prof sans ambition pour le succès de sa belle cachait autre chose ? L’enfer est pavé de bonnes intentions et la revanche, quelle qu’elle soit, peut avoir un goût amer. Si tous les coups sont permis pour contrebalancer les inégalités, ceux qui ont le cran de jouer les mystificateurs pour faire reconnaître leur vraie valeur parviennent-ils réellement à leur fin ? Amaury Berthet pointe les
défaillances d’un système avec une grande acuité. Il aborde également la complexité de l’être humain
en brossant habilement la psychologie de chacun de ses personnages. Avec un humour teinté de dérision il balade son narrateur. Et, de suspense en rebondissements, il n’épargne personne. On s’émeut des desseins bienveillants, on frémit des audaces, on s’inquiète des écarts, on tremble, on doute. C’est
drôle et d’une lucidité à faire peur. Le style est maîtrisé. Un parcours sans faute.


Le diplôme. Amaury Barthet. Editions Albin Michel. 19,90 €.

jeudi 6 juillet 2023

Cynthia

 


Betty Pack est d’une beauté à couper le souffle. Aucun homme ne lui résiste. Elle l’a compris très jeune. Intrépide, libre, elle brave toutes les conventions de son époque pour vivre sa vie comme elle l’entend. Avec l’homme qu’elle a épousé, elle voyage, se fond dans le décor, apprend les langues étrangères sans le moindre accent. L’Aventure lui ouvre les bras. En Espagne d’abord, où son courage et sa détermination à exfiltrer les partisans de Franco lui valent d’être remarquée par les services secrets
britanniques. Ces derniers, à l’aube de la seconde guerre mondiale, ne tarderont pas à la recruter. Ils lui offrent un rôle décisif dans la course au décryptage de la fameuse machine enigma. Tous les coups sont permis et pour parvenir à ses fins la belle espionne use de ses charmes avec une aisance déconcertante. Ses cibles cèdent invariablement. En Pologne, au Chili ou à Washington, elle fait tourner les têtes et la confiance qu’elle acquiert dans le secret des alcôves lui laisse le champ libre pour obtenir et livrer les renseignements qu’on lui demande. Son nom de code : Cynthia. Lorsqu’elle rencontre l’attaché de presse de l’ambassade de France à Washington, l’attraction réciproque est immédiate !

 Les années Churchill et les femmes fatales exercent visiblement sur Stéphanie des Horts une grande fascination. Elle la partage avec ses lecteurs en retraçant le destin flamboyant de grandes séductrices. Après Pamela et Doris, elle extirpe de l’oubli Betty Pack, cette héroïne dont le nom a été éclipsé par des Ian Flemming ou des Roald Dahl. Sous sa plume documentée, des personnages incandescents ressuscitent. Dans l’ombre de Winston Churchill qui déplace ses pions avec précision ou dans le froissement des draps où se font et se défont tant de politiques, Betty Pack alias Cynthia fait la différence en talons aiguilles et bas-couture, les lèvres ourlées, le regard de braise, une intelligence hors du commun et une sexualité décomplexée. Elle traverse son temps avec un aplomb sans équivalent et une détermination sans faille. Ce roman foisonne, et ça fait du bien, de personnages entiers, dévoués corps et âmes à la notion de liberté, à l’attachement à une nation. Et Stéphanie des Horts a l’art de les dépeindre d’une écriture fluide et rythmée. Voyages, drames, trahisons, transports de la chair, déchirements, autant de rebondissements qui projettent le lecteur dans l’univers troublant des films d’espionnage. Un halo de fumée, des fauteuils en cuir, le goût du brandy, des coffres forts, des soirées mondaines, des étreintes passionnées, des rendez-vous secrets, ce roman a tous les ingrédients pour vous faire passer un début d’été haut en couleur.


Cynthia. Stéphanie des Horts. Editions Albin Michel. 20,90 €.

La ballade du feu

 


La période estivale pointe le bout du nez… L’envie de se prélasser au jardin avec un bon roman est grande ! Quant à celle de se retrouver devant l’ordinateur pour rédiger une chronique… elle est intacte mais, parmi mes dernières lectures, laquelle partager avec vous aujourd’hui ? La ballade du feu, d’Olivier Mak-Bouchard, mon dernier coup de cœur ? Une sorte de paresse arrête mes doigts sur le clavier. Ma grande copine la procrastination m’incite à renoncer : laisse tomber. Comment tu vas te dépatouiller d’une histoire pareille à résumer ? Tu réfléchiras demain… Nul doute qu’un certain nombre de lecteurs se retrouveront dans le tempérament du narrateur, potier contrarié parce que “trop bon” à l’école ! Combien, comme lui, ont expérimenté les jugements à l’emporte-pièce et les idées préconçues en matière d’orientation ? Résultat des courses, notre jeune homme, habitant de Rustrel (le Colorado provençal), se fait virer de Monsieur Bricolage. A la maison, il retrouve son frère Doumé, un postier syndicaliste, son canapé et leur émission de télé préférée. Il écume sans succès les petites annonces pour retrouver un emploi. Un chat passe par là. Pelage smocking, il s’appellera Tartampion. Après l’avoir nourri en loucedé, le narrateur, finalement épaulé par son frère, décide de garder la bestiole, avec laquelle il engage un dialogue pour le moins productif. Pas de bol, le félin est tatoué ! Heureusement, l’ancien propriétaire, qui l’a perdu depuis plusieurs années, accepte l’adoption. Rendez-vous est pris chez le vétérinaire…
L’histoire commence ainsi, grosso modo. En faire une synthèse serait périlleux ! C’est pourquoi j’ai failli ne pas chroniquer ce livre. Flemme, je vous dis ! Et puis, il faut maintenant caser mille cinq cents signes pour vous décrire ce que j’en ai pensé ! Que du bien ? Aïe ! Il n’y a pas le compte. J’ai aimé l’écriture, à la fois structurée et désinvolte. J’ai aimé le ton, légèrement barré, avec une pointe de poésie, où le réel et le surnaturel se côtoient cependant sans faire de vague. J’ai aimé l’intelligence et l’arborescence du récit, l’effet “coup de billard à trois bandes”. J’ai aimé cette omniprésence du feu, matériel dans la cuisson de la faïence, virtuel dans la puissance du soin, métaphorique dans chaque page. J’ai aimé les atmosphères, les couleurs du Lubéron, la texture de la terre modelée, les odeurs de forêt, le battement d’ailes d’un aigle de Bonelli, la saveur du succès que l’on ne peut goûter si on n’a pas connu d’échec. Et ce succès est parfois dans un tout petit détail, pas forcément dans une réussite éclatante. C’est ce que nous raconte magnifiquement Olivier Mak-Bouchard ici. Entre fable et fiction, il nous emmène sur un chemin caillouteux mais ô combien joyeux de coïncidences et de rebondissements, de hasards et de rencontres improbables, de santons magiques et de passeur de feu. Un moment de lecture souvent drôle, parfois émouvant, où le majestueux se cache dans l’ordinaire.


La Ballade du feu. Olivier Mak-Bouchard. Editions Le Tripode. 20 €.

mardi 30 mai 2023

Héloïse Les fleurs du sérail



1810. Alger. Avec quelques compagnons d’infortune, Héloïse, vivandière de l’armée de Napoléon, a fui l’île de Cabrera, au sud de Majorque, où elle était retenue par les Espagnols (voir La prisonnière de la mer). Après de longs mois à survivre dans des conditions d’hygiène déplorable et sans rien à manger, accoster sur ce rivage africain a le goût suave de la liberté. Pourtant, Héloïse a un sombre pressentiment. Accrochée au bras de Louis, son amant, elle arrive dans la cité. Encerclés par des gardes, ils pénètrent sous bonne escorte dans un immense édifice. Une prison ? Non, le palais du Sultan. Ce dernier leur offre sa protection. Le soulagement est de courte durée. Le pacha annonce en effet sans transition que la femme doit intégrer le harem. Sans protestation possible, Héloïse est alors séparée de ses compatriotes sous le regard impuissant et rageur de l’homme qu’elle aime. Ignorante du sort qui lui est réservée, isolée, Héloïse est contrainte de suivre les femmes qui s’agitent autour d’elle. Leïla parle français, elle la guide. Après des années de toilette succincte, Héloïse découvre le hammam avant d’intégrer le quartier des femmes. Commence alors un rude apprentissage, où le mot émancipation s’éloigne de jour en jour. La jeune femme va-t-elle parvenir à résister à cette nouvelle épreuve ?
Après le huis clos aride de cette île maudite, battue par les vents, où Hé
loïse, dans le dénuement le plus total, a dû lutter pour sauver sa peau, nous voici aux confins de l’Empire Ottoman, dans la chaleur parfumée du harem. On peut lire Les fleurs du sérail sans avoir découvert le premier épisode des aventures d’Héloïse. Elisa Sebbel fait référence régulièrement au passé, avec une précision qui permet au néo-lecteur de s’y retrouver sans lasser ceux qui connaissent l’histoire. Elle nous enferme dans une tout autre atmosphère mais avec toujours autant de talent. Une profusion de parfums, jasmin et épices mêlés, charge l’air souvent étouffant du quartier des femmes. La sensation de réclusion est accentuée par la description des ouvertures grillagées. L’héroïne, affublée d’un nouveau nom, doit apprendre une langue, découvrir une autre religion. Qui sont les rivales, qui sont les amies, dans cette communauté oscillant entre bienveillance et cruauté ? L’auteur noue habilement les intrigues, créant une tension grandissante au fil des pages, entre soumission et rébellion. A travers cette fresque flamboyante, elle aborde des sujets graves comme
l’identité, la sororité, la maternité. Dans la hiérarchie
du harem, surgissent des alliances salvatrices, se dévoilent des failles et, par petites touches, des complicités allant jusqu’au sacrifice. La liberté s’obtient de différentes manières. Un roman addictif que je n’ai pas pu lâcher, une écriture qui met nos sens en éveil, du murmure des prières à l’explosion des couleurs en passant par le goût sucré des pâtisseries orientales, les effluves de rose, d’ambre et de musc et le toucher délicat des étoffes précieuses.


Héloïse Les fleurs du sérail.
Elisa Sebbel. Éditions Jeanne & Juliette. 16,90€