Laisse couler l’amour… et ton cœur débordera. Pascal Fioretto. Éditions du Cherche-midi. 19,00 €.
AnneAroundTheWor(l)ds
Ronde de mots et tour des mondes, ce blog se veut un bric à brac, joyeux si possible... Un brin de douceur, des éclats d'idées, des tranches de vie ou des fragments d'envie : morceaux de soleil (et parfois de pluie) pour partager, voyager, observer et échanger !
vendredi 6 mars 2026
Laisse couler l'amour... et ton coeur débordera
Les éléments
Cinq cents mots ne suffiront pas pour encenser la profondeur de cet ouvrage. Si j’ai d’abord eu un mouvement de recul en découvrant que cette femme, réfugiée sur l’île, fuyait son prédateur sexuel de mari, je me suis vite reprise. John Boyne explore les âmes de ses personnages avec une grande maîtrise. Quatre histoires singulières, plusieurs temporalités, des protagonistes qui sautent d’une partie à l’autre, endossant un rôle différent à chaque fois, ce qui permet de les observer sous différentes facettes. Quatre éléments qui interagissent, c’est symbolique, une sorte de parcours initiatique. Au fil des pages, qu’on finit par tourner sans plus pouvoir s’arrêter, on voit s’élargir le champ, on prend de la hauteur. Le style est simple et efficace, sans jugement. L’auteur montre comment sont intriquées les blessures profondes, les traumatismes de l’enfance, l’impossibilité de réparer et le chemin vers la résilience. Il ne s’appesantit pas sur les crimes, il explore la complexité de l’humain et ses contradictions. Il dissèque habilement les sentiments et floute les frontières. Bourreaux, victimes, résistance, soumission tout s’enchevêtre, distordant les antagonismes. On est embarqué avec les personnages, sous tension, espérant comme eux sortir la tête de l’eau, s’ancrer sans s’ensevelir, préserver la flamme sans se brûler les ailes et respirer, enfin à sa place, libéré de ses entraves. L’auteur nous entraîne sans voyeurisme dans l’obscurité des humains mais il parvient à faire la part belle à la lumière. De sorte que l’on referme ce récit prodigieux en se disant : malgré la noirceur du monde, tout n’est pas perdu. Et ça fait du bien !
Les éléments. John Boyne. Editions JC Lattès. 23,90 €.
mardi 10 février 2026
Les certitudes
Les certitudes. Marie Semelin. Editions JC Lattès. 20,90 €
lundi 9 février 2026
Trois fois la colère
jeudi 20 novembre 2025
L’âme de fond
L’âme de fond, roman d’anticipation prenant, nous renvoie à un questionnement profond. Les patients se succèdent dans le cabinet de la thérapeute et livrent les bribes de leur vie. Ils ont travaillé d’arrache-pied pour accéder à leur position actuelle mais sont-ils vraiment en phase avec qui ils sont réellement ? Hadrien n’arrive pas à s’engager émotionnellement, Sophie étouffe dans sa vie de mère de famille bourgeoise où elle fait la potiche. Quant à Michel, homme visiblement intègre, il doit s’adapter aux règles de la politique dont les enjeux ne cadrent pas forcément avec ses valeurs. Au fil des pages, la tension monte. Les symptômes d’une nouvelle épidémie, pernicieuse, enflent. Caroline essaye de quantifier le problème pour mieux le qualifier et prévenir une vague qu’elle imagine dévastatrice. La transmission des données et la circulation des informations sont étouffées par des intérêts supérieurs. Julia Clavel nous fait pénétrer habilement dans les arcanes d’un pouvoir dont elle maîtrise parfaitement les codes, où savoir et communication ne font pas toujours bon ménage. Leurs contradictions plongent les patients dans un chaos dont ils ne semblent pas pouvoir sortir indemnes. Les lecteurs, tenus en haleine par l’enquête de la psychologue, s’interrogent aussi. Sont-ils alignés ? Plus les masques portés sont éloignés de leur être profond, plus le danger paraît grand. Cette histoire vibrante souligne les manques et les excès de notre société et la place qu’y occupe (ou pas) la santé mentale. Un premier roman percutant !
L’âme de fond. Julia Clavel. Editions de l’Observatoire. 23,00 €
mercredi 5 novembre 2025
L’homme sous l’orage
L’homme sous l’orage. Gaëlle Nohant. Éditions de l’Iconoclaste. 21,90 €.
mardi 14 octobre 2025
Paris Hollywood
Depuis plusieurs mois, je voyais la couverture attractive de Paris Hollywood fleurir régulièrement sur les réseaux. La quatrième, tout aussi séduisante, laissait supposer une lecture estivale plaisante. J’ai finalement plongé dans ce roman juste avant l’automne et il a largement comblé mes attentes. J’espérais un gentil divertissement ? Dès les premières lignes, j’ai su qu’on était un cran au-dessus. La belle surprise ! Ce premier roman regorge d’humour et de finesse. Cécile Mury, journaliste cinéma à Télérama, tire les ficelles sans jamais tomber dans la caricature ou la guimauve. De sa plume alerte, elle signe une comédie romantique désopilante. L’autrice définit elle-même l’histoire de Marianne et Ben comme un « film à lire ». On tourne les pages de façon addictive, tout comme on est scotché à l’écran face à Love Actually ou Retour à Notting Hill, la richesse des mots et l’imagination du lecteur en plus. Cécile Mury maîtrise l’art de poser le décor et de décrire avec une grande décontraction les situations les plus cocasses. J’ai été emportée par le rythme, les références cinématographiques et musicales nom- breuses, explicites ou enfouies au détour d’une phrase (comprenne qui peut). Certaines scènes surréalistes, je pense au pétrin dans lequel notre héroïne se met au cours d’un gala de charité à Londres, m’ont fait pleurer de rire. Une pépite douce et hilarante à lire et à offrir sans restriction !
Paris Hollywood. Cécile Mury. Editions Flammarion. 21,50 €


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