Le Feu et la rose. Maud Simonnot. Editions de l’Observatoire. 21 €.
AnneAroundTheWor(l)ds
Ronde de mots et tour des mondes, ce blog se veut un bric à brac, joyeux si possible... Un brin de douceur, des éclats d'idées, des tranches de vie ou des fragments d'envie : morceaux de soleil (et parfois de pluie) pour partager, voyager, observer et échanger !
mercredi 22 avril 2026
Le feu et la rose
Les fantômes de Shearwater
Les fantômes de Shearwater. Charlotte McConaghi. Éditions Actes Sud. 23,50 €
mercredi 25 mars 2026
Aqua
Après Humus, qui s’attelait à l’élément Terre, Gaspard Kœnig nous dévoile les mystères de l’Eau avec Aqua. Le décor est planté au même endroit. Le protagoniste principal du premier roman fait d’ailleurs discrètement quelques incursions dans cette nouvelle histoire. Les personnages y sont plus vrais que nature, les rancœurs et autres querelles de clocher, exacerbées. L’agriculteur veut arroser, le survivaliste économiser, le contribuable lambda, bénéficier des services qu’il paye. Quant à la naturopathe, elle ressent certaines choses que d’autres préfèrent ignorer. Maria, idéaliste, sacrifie tout à son jusque-boutisme. L’auteur confronte les exigences de la vie contemporaine et la volonté de préserver le patrimoine local. Peut-on trouver des compromis entre organisation de l’ancien temps et modernisme ? Gaspard Kœnig nous entraîne dans les méandres d’une intrigue prenante. Très au fait des contraintes administratives et des mécanismes institutionnels, il dissèque les luttes de pouvoir, de la mairie au ministère en passant par les bureaux de la préfecture. Il explore avec autant d’aisance la ruralité, les grands bouleversements des paysages de ces dernières décennies et leurs conséquences. Le récit, dense, n’en est pas moins palpitant. Le roman ouvre des pistes de réflexion à l’échelle individuelle et collective. Une lecture intelligente, une démonstration brillante, des personnages touchants qui trouvent leur chemin. A lire absolument !
mardi 10 mars 2026
Grand Prince
Alexia Stresi a l’art de donner vie à des personnages inoubliables. Avec Grand Prince, on entre totalement dans la peau de cette vieille dame. On ressent les renoncements, les douleurs, physiques et psychiques, les déceptions. On entend le tic-tac de l’horloge dans le silence des maisons figées par le grand âge. On perçoit la lassitude de Simone, cette chape de plomb qui tombe et aspire le désir. Et puis, un vol incongru change la donne. Quand cet objet inanimé se manifeste, Simone est piquée au vif. Changement de paradigme. Le rythme s’accélère. La protagoniste a trimé, souffert, quitté l’école trop tôt. Elle a mis son mouchoir sur les difficultés de la vie, sur les frustrations et les drames. Le phrasé de Simone, à travers la plume authentique et vibrante de l’autrice, transpire de tout ça. Et tout à coup, la fraîcheur, les possibles surgissent. Y a-t-il un âge pour être curieux et découvrir tout ce qu’on a jusque-là raté “faute de”… ? Sous l’impulsion de son crapaud, notre octogénaire fatiguée se transforme en une mamie dont l’énergie entraîne tout un village. Il est question de seconde chance, de transmission, d’amour, d’amitié… La chute est magnifique, d’une tendresse inouïe et d’une simplicité désarmante. Il se dégage une grande authenticité tout au long des pages. Je me suis laissé emporter et je ne peux que vous conseiller de faire de même. Hommage émouvant à la vie de nos grands-mères, ce roman est aussi une invitation à l’espérance. Tant qu’on respire, il n’est jamais trop tard !
Grand Prince. Alexia Stresi. Editions Flammarion. 21,00 €
vendredi 6 mars 2026
Laisse couler l'amour... et ton coeur débordera
Laisse couler l’amour… et ton cœur débordera. Pascal Fioretto. Éditions du Cherche-midi. 19,00 €.
Les éléments
Cinq cents mots ne suffiront pas pour encenser la profondeur de cet ouvrage. Si j’ai d’abord eu un mouvement de recul en découvrant que cette femme, réfugiée sur l’île, fuyait son prédateur sexuel de mari, je me suis vite reprise. John Boyne explore les âmes de ses personnages avec une grande maîtrise. Quatre histoires singulières, plusieurs temporalités, des protagonistes qui sautent d’une partie à l’autre, endossant un rôle différent à chaque fois, ce qui permet de les observer sous différentes facettes. Quatre éléments qui interagissent, c’est symbolique, une sorte de parcours initiatique. Au fil des pages, qu’on finit par tourner sans plus pouvoir s’arrêter, on voit s’élargir le champ, on prend de la hauteur. Le style est simple et efficace, sans jugement. L’auteur montre comment sont intriquées les blessures profondes, les traumatismes de l’enfance, l’impossibilité de réparer et le chemin vers la résilience. Il ne s’appesantit pas sur les crimes, il explore la complexité de l’humain et ses contradictions. Il dissèque habilement les sentiments et floute les frontières. Bourreaux, victimes, résistance, soumission tout s’enchevêtre, distordant les antagonismes. On est embarqué avec les personnages, sous tension, espérant comme eux sortir la tête de l’eau, s’ancrer sans s’ensevelir, préserver la flamme sans se brûler les ailes et respirer, enfin à sa place, libéré de ses entraves. L’auteur nous entraîne sans voyeurisme dans l’obscurité des humains mais il parvient à faire la part belle à la lumière. De sorte que l’on referme ce récit prodigieux en se disant : malgré la noirceur du monde, tout n’est pas perdu. Et ça fait du bien !
Les éléments. John Boyne. Editions JC Lattès. 23,90 €.
mardi 10 février 2026
Les certitudes
Les certitudes. Marie Semelin. Editions JC Lattès. 20,90 €



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