Vous est-il déjà arrivé de choisir vos destinations de voyage en fonction de vos lectures ou l’inverse ? Récemment et à ma bonne habitude, je cherchais un ouvrage dans les rayons de ma bibliothèque. Mes doigts s’arrêtent sur Marie Stuart, de Stefan Zweig. J’en repoussais inexplicablement la lecture depuis longtemps. Etait-ce un hasard si, à quelques jours de mon départ pour l’Écosse, mon regard s’était accroché à ce titre ? Me voilà donc plongée dans la lecture de cette incroyable biographie, portée par l’écriture ciselée de Stefan Zweig (traduit par Alzir Hella). Éblouie, une fois encore, par le style, la précision, l’enquête approfondie nécessairement menée. Zweig livre force détails sur la vie de cette reine célèbre dont la fin tragique a créé un précédent chez les têtes couronnées. Au fil des pages, je voyage en France (Marie – 1542/87, de la lignée des Guise, y a été envoyée très tôt et fut même mariée avec François II à l’âge de dix-sept ans – elle a donc été reine de France). Devenue veuve, elle retourne sur sa terre natale. L’ombre d’Elisabeth, sa cousine, reine d’Angleterre, rode. Bousculée par les conflits incessants entre les nobles, l’Écosse, convertie à la Réforme anglicane, se méfie d’une reine catholique. Après le faste de la cour de France, Marie doit s’adapter au climat plus rude des châteaux écossais, aux complots ourdis de toutes parts. Me voilà partie avec elle…
Tout à coup ces noms lus prennent forme sous mes yeux. De vieilles pierres se dressent et murmurent l’histoire que je suis en train de lire. De Blackness Castle au château de Lochleven en passant par Stirling, Holyrood Palace et évidemment, Edinburgh Castle, je découvre les lieux où Marie a vécu ou été emprisonnée. Là où elle a aimé ou trahi. Le passé reprend vie et donne à l’ouvrage de Stefan Zweig
une dimension unique. J’aime débusquer dans mes lectures des endroits connus ou à explorer… Parfois,
au détour des pages, on a de belles surprises comme cette fois où j’avais découvert un lieu familier dans Le bouc émissaire de Daphné du Maurier. En Écosse, on franchit souvent la frontière entre réel et fiction... La nature somptueuse et l’architecture médiévale ont servi de décor à de nombreux films, de Highlander à Harry Potter en passant par Braveheart et Outlander. Lacs, ruines et autres paysages… on admire ainsi le viaduc du Poudlhard express ou le champ de bataille de Culloden. Quant à Mary Stuart, Queen of Scots, pour y revenir, elle est omniprésente dans les musées écossais et a inspiré, elle aussi, des œuvres littéraires et adaptations cinématographiques. La biographie de Zweig est un monument d’Histoire. Un bémol cependant, le traitement fait aux femmes, encore une fois, jugées, sous l’influence de Freud, hystériques, ou influençables. A travers le temps, les lieux, les mœurs, le livre et le voyage nous incitent à la curiosité, à l’ouverture sur l’Art et le monde… Cela nous invite à évoluer, en général. Et vous, quel voyage allez-vous programmer ?

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