AnneAroundTheWor(l)ds
Ronde de mots et tour des mondes, ce blog se veut un bric à brac, joyeux si possible... Un brin de douceur, des éclats d'idées, des tranches de vie ou des fragments d'envie : morceaux de soleil (et parfois de pluie) pour partager, voyager, observer et échanger !
lundi 24 mars 2025
Les influentes
La colline ouvrière
La colline qui travaille. Philippe Manevy. Éditions Le bruit du monde.
22,00 €.
mercredi 19 février 2025
Ta promesse
samedi 1 février 2025
Les sept maisons d'Anna Freud
Le tatoueur d'Auschwitz
Lale, juif slovaque, déporté au camp d’Auschwitz, se voit confier la tâche de tatouer les chiffres sur le bras de chaque nouvel arrivant. Un jour, se présente Gita et son regard lumineux ; Lale trouve alors une raison de se battre pour survivre. Devenu octogénaire, l’homme, émigré en Australie, raconte son histoire à une soignante spécialisée dans l’écriture de biographies. De leurs échanges, naît un témoignage à la fois émouvant et éprouvant. Dans le camp, Lale est à la merci de Stefan Baretzki, un soldat nazi dont le comportement à l’égard de son prisonnier oscille entre protecteur et bourreau. Lale ne sait jamais de quel côté l’humeur de son geôlier va pencher. Quant à Gita, préposée au tri des bagages, elle se livre, au péril de sa vie, à un trafic avec les bijoux. Ces quelques objets précieux servent de monnaie d’échange pour obtenir des passe-droits comme transmettre une lettre à Lale, acheter la complicité d’un kapo, sauver une vie ou adoucir le quotidien si rude.
En choisissant ce programme, on sait que l’on va être confronté à des images terribles, même si la reconstitution atténue le sentiment d’horreur. Les événements relatés sont sidérants, la condamnation à mort, arbitraire, pour un regard de travers ou un faux pas, omniprésente. Le spectateur, confronté à l’innommable, ressasse cette question : Comment un être humain peut-il infliger ça à un autre être humain ? Pas de voyeurisme toutefois, seulement une tension extrême, rendue palpable par la succession régulière de gros plans montrant le visage de ceux qui tombent. L’imprévisible et l’humiliation jaillissent dans chaque séquence. L’histoire d’amour de Lale et Gita permet néanmoins de reprendre son souffle et trouver une lueur d’espérance dans cette noirceur. Dans d’autres récits (je pense à Primo Levi), les déportés, réduits à l’état de numéros interchangeables, voient parfois malgré eux leur humanité déserter dans leur lutte pour subsister. Moins brutale, la série souligne cependant subtilement les nombreux renoncements à leurs valeurs auxquels les protagonistes se soumettent. Une paire de chaussures volées à un mourant était souvent une condition nécessaire pour espérer ne pas rejoindre l’entassement des cadavres. D’un autre côté, ceux désignés pour le tri ou le tatouage obtiennent un statut moins dégradant et leur longévité s’en trouve augmentée. Est-ce “collaborer” ? Cruel dilemme. Heureusement, plusieurs scènes du film mettent en lumière la solidarité entre les prisonniers. A l’heure où les voix des derniers survivants sont en train de s’éteindre, il est indispensable d’entretenir le devoir de mémoire. La série, tirée d’une histoire vraie, remplit parfaitement cette mission.
Série Le tatoueur d’Auschwitz. A voir sur MyCanal ou en replay sur M6.
Le tatoueur d’Auschwitz. Heather Morris. Editions J’ai lu. 7,90 €.
mercredi 8 janvier 2025
Mon tour de manège
Vous est-il arrivé d’entreprendre un voyage en train sans un roman à vous mettre sous la dent pendant la durée du trajet ? Avez-vous profité d’un temps d’attente à la gare pour vous réfugier dans un Relay, arpenter le rayon librairie et trouver l’ouvrage qui vous fera passer le temps sur les rails ? Moi, oui, et cette fois-ci, mon choix s’est porté sur la couverture rouge de ce “J’ai lu” étincelant, rideau de velours et lumières clignotantes. Gilles Legardinier, je connaissais, mais avais-je déjà lu ? Impossible de me souvenir. Hop, je tente. Mon tour de manège se lit tout seul (c’est bien écrit). L’auteur nous entraîne dans un univers foisonnant où l’intrigue ne se limite pas aux tribulations du personnage principal et explore les fêlures des autres protagonistes. Saupoudré d’humour et de fantaisie, c’est un roman doudou mais pas gnangnan, qui rappelle avec bienveillance et malice que la roue tourne et qu’on n’a droit qu’à un tour de manège ; alors, on mérite de se donner toutes les chances de faire de notre vie le meilleur des moments ! A lire installé confortablement auprès de la cheminée ou enroulé sous un plaid, un bon chocolat chaud ou une tisane à portée de main, pour prolonger un peu la magie de noël. Une bonne façon de prendre des forces et aborder cette nouvelle année avec détermination et enthousiasme. Meilleurs vœux pour 2025.
Mon tour de manège. Gilles Legardinier. Editions J’ai lu. 8,90 €.